Miracle, je suis. Mais qui est ''je'' ? Le corps, seul qui déambule sans but, qui marche bêtement, l'enveloppe idiote, celle qui ne reflète que la bêtise de ceux qui la regardent. C'est elle que l'on critique en premier, c'est facile, des yeux vides, des cheveux en bataille, une barbe de puceau jamais rasée, un nez de travers, des sourcils épais, des dents jaunissantes... Quelle pourriture, le haut le coeur n'est pas loin et vous sentez déjà le repas du midi remonter de vos entrailles. Mais dans votre dégout viscéral, vous ne valez pas lourd par rapport au poème glissée dans l'enveloppe, au diamant, qui rayonne dans son écrin poussiéreux et miteux. Vous avez beau avoir les yeux du loup, les poils de l'ours, la tête du fennec, ou le crane imberbe du marsien, vous ne valez guerre plus que des animaux. Votre égoïsme n'égal que votre volonté répugnante de compétition, votre obscurantisme n'égal que la violence de vos critiques et votre indifférence vis à vis de la conscience d'autrui ne trouve son alter égo que dans l'angle nul qui ouvre votre esprit.
Qu'êtes vous pour juger sans connaitre, de quelle autorité vous réclamez vous pour insulter un être en vous basant sur un paraitre ? Vous n'êtes rien, pas même un amas de particules élémentaires qu'une étoile pourrait considérer avec la condescendance infinie que m'inspire votre mépris. Vous n'êtes rien, car ma considération ne s'applique pas aux cons. Vous n'êtes rien, car comme le mur qui ne s'ébranle lorsque le fou y frappe sa tête, mon esprit reste insensibles à vos assauts pathétiques qui tentent vainement d'y insuffler le doute.
Vous êtes ridicules de vous croire beau, comme vous êtes ridicules de cultiver la banalité du mépris, ou encore ridicules de croire qu'avec des oeillères vous avancerez droit vers le chemin de la raison. Vous êtes minables lorsque vous pensez que la franchise est douce comme la soie, imbéciles de croire que votre vérité est celle de tous, fous d'espérer que votre connerie vous fait paraitre intéressant.
Quand le monde extérieur est inhospitalier, certains se suicident, d'autres s'y adaptent pour devenir à l'image de cet univers, d'autres tentent d'y résister, voire de le briser, d'autres enfin le fuient pour en imaginer un autre, le leur, un monde idyllique, un rêve qui est défendu par l'enveloppe, cette carapace qui le protège des agressions de l'extérieur. Burinée par les coups, mutilée par les attaques sanglantes, défigurée par la violence d'un monde sans foi ni loi, cette carapace est la preuve que le monde est mauvais, sans elle jamais mon rêve n'aurait survécu, il se serait brisé, frappé par la décadence de votre haine de l'autre.
Maintenant, ce monde parallèle est sous une bulle, et le seul moyen de l'annihiler est d'en finir avec l'existence de mon enveloppe. Vous avez échoué dans votre quête de l'anéantissement de la différence, vous vous êtes lamentablement heurté à mes barrières infranchissables qui délimitent votre monde du mien. Pitoyables pantins de la banalité, avec vos tentatives si dérisoires, inutiles et affligeantes, vous ne réussirez jamais à briser ce que votre obscurantisme vous empêche de discerner.
Si mon regard est vide, c'est que je suis ailleurs, dans un monde ou la misère ne me touchera pas, où la chaleur me permet de regarder vers l'avenir. C'est le monde où tout est possible, où mon avenir n'es pas que pleurs et coups encaissés sans rien dire, c'est lui aussi qui vous rend si ternes quand vous parlez, et qui me permet de me sentir brillant et différent.
Le bonheur, ce n'est pas être, c'est se sentir, beau, intelligent, lumineux, raffiné, gigantesque, important, fort, tolérant, brillant et rivalisant avec les étoiles les plus magistrales. J'ai établie une merveilleuse fantasmagorie dans mon esprit, elle remplace ce que vous avez par petite touche, ce que vous êtes en l'amplifiant drastiquement, et elle me permet d'avoir tout à la foi. Le seul moyen pour moi de vivre, c'est de ne pas compter sur l'extérieur, c'est d'inventer le monde parfait, car seul mon esprit ne peut être atteint par la gangrène avant de mourir.
Est-ce le lever du soleil que j'aperçois, ou bien son coucher sanguinolent, quoi qu'il en soit, je le contemple avidement, espérant qu'il ne disparaitra pas, car ..........................c'est moi.